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A la rencontre de nouvelles coopératives apicoles au nicaragua


Discussion entre MFT et représ. de coop. apicoles

L’action de Maya Fair Trade (MFT) au sein du commerce équitable ne se limite pas simplement à acheter du miel au « Sud », à l’importer en Europe et ensuite à le vendre. Nous jouons également un rôle de développeur en collaborant activement au développement de petites coopératives (non certifiées «Fairtrade») qui, en entrant dans la filière du commerce équitable, trouvent le moyen d’écouler toute leur production de miel à un prix juste. Cette nouvelle filière leur permet également d’augmenter les revenus des producteurs en augmentant les volumes de production. Si nous pouvons rencontrer cet objectif, c’est, notamment, grâce à la présence permanente en Amérique Latine de notre collaborateur. Cette « prospection » s’effectue d’une part grâce aux contacts réguliers qu’il a avec les coopératives apicoles partenaires de MFT et, d’autre part, en visitant des foires et des salons.

C’est dans ce contexte que les 23 et 24 septembre dernier, il s’est rendu au Nicaragua, à l’ExpoApen (1) 2011. Il s’agit d’un salon professionnel qui réunit majoritairement des entreprises locales mais également de toute l’Amérique centrale. Ces entreprises sont actives dans les secteurs de l’agriculture, du textile, de l’artisanat, de la manufacture et des services. Lors de cette édition, une quinzaine de petites coopératives de producteurs de miel était présente.
(1) Initiative mise sur pied par l’Association des Petites Entreprises du Nicaragua (APEN) et financée par le programme « All Invest IV » de la coopération économique européenne.

Ce salon constituait donc une belle opportunité pour MFT d’aller à la rencontre de nouveaux producteurs de miel au Nicaragua.
Ce travail de « prospection » comporte une phase initiale de prise de contact sous forme de réunions durant lesquelles nous écoutons les producteurs pour connaître leurs besoins, leurs difficultés et leurs projets. Nous évaluons leur potentiel de production, leur capacité organisationnelle mais également leur réelle volonté à se développer. Tous ces éléments nous permettent de déterminer le stade actuel de développement de la coopérative et le travail qu’elle devra encore fournir pour réunir toutes les conditions de certification et, ensuite, d’exportation vers l’Union Européenne.

Au Nicaragua, la majorité des petites coopératives apicoles sont formées de 10 à 20 membres. Chaque membre possède en moyenne 50 ruches. L’apiculture est d’abord une activité de subsistance parmi d’autres petites activités agricoles. Les volumes de production sont faibles (3 à 4 tonnes de miel par coopérative et par récolte). Ces petites coopératives qui ne sont pas dans la filière du commerce équitable vendent leurs productions, au fur et à mesure des récoltes, à des intermédiaires locaux à des prix extrêmement bas, le plus souvent à la limite des coûts de production.
Les producteurs de ces petites coopératives manifestent très souvent leur souhait d’être visibles sur le marché du miel en vendant directement à l’importateur européen et de pouvoir acquérir un savoir-faire au niveau production et commercialisation, ce qu’une intégration dans la filière du commerce équitable pourrait leur apporter.

Progressivement, les petites coopératives apicoles au Nicaragua s’organisent en créant des alliances avec plusieurs autres organisations d’une même région (Union de cooperativas). Cette stratégie comporte des avantages multiples, notamment :
• Avoir accès à un « réservoir » de membres aptes à assumer une fonction dans la
coopérative : administration, contrôle interne, suivi des processus de certifications (par
exemple, Flo et Bio) et conditionnement du produit;
• Réunir et vendre l’ensemble de la production;
• Générer des bénéfices pour absorber les coûts liés aux certifications et à la
commercialisation;
• Intégrer le réseau Fairtrade et vendre directement à l’importateur.

Au terme de ces deux jours de salon, les représentant(e)s des coopératives que nous avons rencontrés ont manifesté un intérêt pour le commerce équitable, notamment en ce qui concerne son volet financier : le versement d’un acompte avant la récolte, la prime FLO du commerce équitable, un prix équitable minimum garanti. La perspective d’une relation commerciale durable a également été appréciée.
Six coopératives se sont engagées à s’informer des conditions d’une certification auprès de FLO. Les agents de liaison FLO en Amérique centrale sont là pour fournir toute l’information nécessaire et MFT s’est engagé à accompagner les coopératives dans un éventuel processus de certification.
Parmi ces organisations, deux d’entre elles ont déjà élaboré un agenda de rencontres avec leurs membres pour les informer et pour étudier la faisabilité d’un partenariat avec nous.

L’accompagnement des petites coopératives apicoles vers la certification FLO, et au-delà de celle-ci, est une mission que Maya Fair Trade prend à coeur afin de renforcer le développement durale des relations Nord-Sud.
Pour l’organisation apicole et ses membres producteurs, le contact direct avec l’importateur est une opportunité vers davantage de savoir-faire, de développement et d’options pour croître. En effet, cela implique une responsabilité accrue de la coopérative et des producteurs qui doivent garantir la qualité de la marchandise et en assurer la traçabilité depuis la récolte jusqu’à la livraison en Europe. De plus, afin de ne pas risquer de pénaliser l’ensemble de la collectivité, une attention toute particulière doit être apportée au respect des délais de livraison et à l’organisation rigoureuse de la logistique (notamment au niveau de l’exportation). Ajoutons à cela que, lorsque les organisations apicoles s’unissent, les répercussions sur la chaîne de production sont positives. Cela permet une rationalisation des moyens et, notamment, d’avoir une seule unité de conditionnement du miel au lieu de plusieurs.
En s’unissant, les petites coopératives se dotent de volumes supérieurs qui leur permettent d’accéder à des nouveaux marchés. Cela permet également aux producteurs de participer à tous les échelons de la commercialisation: du « simple » producteur de miel, il peut ainsi devenir un entrepreneur engagé, responsable, soucieux du développement de la coopérative dans un esprit démocratique et participatif.

Maya Fair Trade est favorable dans le maintien et le développement des relations avec les coopératives apicoles désireuses d’intégrer le commerce équitable. C’est une démarche proactive qui fait partie de notre philosophie.

Nous ne manquerons pas de vous informer des suites de ces rencontres à l’ExpoApen 2011, notamment quant à la volonté et à la capacité des coopératives rencontrées à s’organiser pour intégrer la filière du commerce équitable.


Discussion entre MFT et représ. de coop
14 Novembre 2011 16:26:41


Eclairages sur notre action auprès des apiculteurs


Sur le terrain de la production, auprès des coopératives apicoles, notre action se situe à tous les niveaux de la chaîne du miel.

Étape 1: prospection des coopératives, types de miels

Maya Fair Trade est en contact constant avec des petites organisations apicoles certifiées Fairtrade ou qui souhaitent le devenir. Nous les éclairons et informons des exigences du commerce du miel (qualité, traçabilité, export, etc.). Nous nous engageons parfois aussi à acheter le miel de certaines coopératives en dépit du faible volume de production (inférieur à 1 conteneur de 20 tonnes) dans le but de soutenir la coopérative dans ses efforts de développement durable dans l'esprit du commerce équitable. À cet axe prospectif, il faut mentionner notre intérêt pour la production de nouveaux miels de haute qualité organoleptique peu connus en Europe et susceptibles de plaire aux consommateurs.
Ces orientations proactives vis-à-vis des apiculteurs, des coopératives et des types de miels en Amérique latine se traduisent par des contacts constants avec la plupart des organisations apicoles du registre FLO et par des visites régulières auprès de nos partenaires en fonction des engagements pris.

Étape 2: contrôle du miel, échantillonnage et traçabilité

Nos contrats sont signés sur place directement avec les producteurs. Le respect de notre cahier des charges, très strict, implique obligatoirement un contrôle sur place une fois le miel conditionné en fûts avant l'export (vérification du taux d'humidité, brève analyse sensorielle du miel de chaque fût, contrôle de l'état des fûts, etc.). Au niveau échantillonnage, nous procédons avec le responsable du dépôt de la coopérative au prélèvement de 4 échantillons par fût sélectionné. Ce travail en commun est fondamental pour assurer la qualité des miels, établir un registre traçabilité à partir de l'identification précise de l'origine du miel de chaque fût et optimiser notre communication et notre collaboration avec les apiculteurs et la coopérative dans ce sens.
Les échantillons de miel sont analysés par un laboratoire européen accrédité par l’Union Européenne. Une fois les résultats connus et communiqués à la coopérative, s’ils sont en conformité avec les règlementations européennes et notre cahier des charges, le lot de miel peut être exporté après vérification des données de l’étiquette de chaque fût.

Étape 3: contrôle des documents pour l’exportation

Pour les organisations nouvellement certifiées qui n'ont jamais exporté directement vers l’UE, notre tâche consiste à les accompagner de bout en bout dans l'élaboration et la rédaction des différents documents d'exportation. Avec nos partenaires de longue date, notre rôle se limite à collaborer dans l'émission des documents et à les vérifier consciencieusement.
Nous suivons de très près chacun des lots exportés et nous établissons une collaboration étroite entre l'expéditeur (la coopérative), le transporteur et notre agent en douanes à Anvers.

Étape 4: réception du miel au dépôt, contrôle et retour

Une fois le miel parvenu en Belgique, les fûts sont vérifiés un à un au dépôt (état, étiquetage, qualité du miel, poids, etc.) avant d’être rangés dans le stock. Les coopératives qui nous fournissent les miels sont tenues au courant de ce contrôle.

C'est ainsi que se ferme la "boucle" de ce qu'il convient de désigner comme "Système du miel": un ensemble de relations, marquées du sceau de l'éthique et du professionnalisme, amenées à perdurer pour la renommée de miels authentiques MAYA.

Légende photo: D'un bout à l'autre de la production chez Guaya'b: Saul Perez (technicien apicole), Manuel Silvestre Mendoza (contrôle qualité), Lucas Silvestre Garcia (gérant), Mirna Montejo Delgado (présidente), Ramon Baltazar Domingo (promoteur apicole).

20 Janvier 2011 14:22:00

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